Ia ora na à tous,
Aujourd’hui, on vous emmène dans les coulisses de notre dernier projet un peu fou : créer des savates imprimées en 3D, made in Tahiti, qui durent entre 3 et 5 ans. Oui, vous avez bien lu.
Le problème des savates jetables
On connaît tous ce scénario : une paire de savates achetée en grande surface, portée pendant 3 mois, et qui finit à la poubelle parce que la semelle est lisse, la bride a craqué, ou le plastique s’est déformé au soleil. Résultat : on rachète, on rejette, et on recommence. Pas terrible pour le porte-monnaie, et encore moins pour la planète.
Chez Manaora, on s’est dit qu’il devait y avoir une autre voie. Une savate qui résiste au soleil polynésien, à la chaleur, à l’usure quotidienne. Une savate qu’on garde des années. Et si en plus elle coûtait moins cher que ce qu’on trouve dans le commerce… là, ça devenait vraiment intéressant.
Pourquoi l’impression 3D ?
L’impression 3D nous permet deux choses que la fabrication traditionnelle ne permet pas :
1. Des formes impossibles à mouler — on peut créer des structures internes qui absorbent les chocs, des semelles qui respirent, des textures antidérapantes directement intégrées.
2. Une production locale — pas de conteneur venu de l’autre bout du monde. On imprime ici, à Tahiti, à la demande.
Mais imprimer une savate qui dure, c’est une autre paire de manches. Et c’est exactement ce qu’on est en train de tester.
La phase de test : ce qu’on cherche à comprendre
Aujourd’hui, on lance notre première batterie de tests. Voici ce qu’on explore :
Tenue en plein soleil et à la chaleur
On pose nos prototypes en extérieur, sous le soleil tahitien. Est-ce que le matériau ramollit ? Se déforme ? Garde sa couleur ? C’est le test ultime : si ça passe ici, ça passe partout.
Remplissage et nombre de couches
En impression 3D, une pièce n’est pas pleine : elle a un « remplissage » (infill) qu’on peut faire varier. Trop peu = savate qui s’écrase. Trop = savate rigide et inconfortable. On teste différents pourcentages et motifs de remplissage pour trouver le sweet spot entre confort et durabilité.
Dessus / dessous
Une savate, c’est deux faces : le dessous qui frotte contre le sol (et doit être résistant à l’abrasion), et le dessus qui accueille le pied (et doit être confortable et antidérapant). On teste différentes textures et épaisseurs.
Élasticité
Le matériau doit être assez souple pour suivre le mouvement du pied, mais pas trop pour ne pas se déformer définitivement après quelques semaines. C’est un équilibre délicat qu’on mesure avec des tests de flexion et de rebond.
Les matériaux : le secret de la durabilité
On ne vous cache pas que le choix du filament est au cœur du projet. Les filaments classiques (PLA, PETG) ne sont pas adaptés à une utilisation en extérieur prolongée. On explore des matériaux plus techniques :
– Le TPU (polyuréthane thermoplastique) : flexible, résistant à l’abrasion, parfait pour les semelles. C’est le même type de matériau qu’on retrouve dans les coques de téléphone haut de gamme ou les semelles de chaussures de sport.
– D’autres filaments composites encore en test — on vous en dira plus bientôt.
Et le prix dans tout ça ?
Notre objectif est clair : proposer des savates moins chères que ce qu’on trouve actuellement sur le marché polynésien, tout en étant 3 à 5 fois plus durables. Le calcul est simple : si une savate à 2 000 XPF dure 6 mois et que la nôtre à 1 500 XPF dure 4 ans, le choix est vite fait.
On n’y est pas encore — il nous reste des tests à valider, des matériaux à comparer, des designs à affiner. Mais la direction est là.
Et la suite ?
On vous tiendra au courant des résultats de nos tests ici, sur le blog. Les prochains articles parleront de la résistance au soleil après 2 semaines, des retours des premiers testeurs, et — on l’espère — de la date de sortie des premiers modèles.
D’ici là, si le projet vous intrigue, n’hésitez pas à nous suivre sur Facebook et Instagram. Et si vous avez des idées, des envies, ou des retours sur ce à quoi devrait ressembler la savate parfaite, écrivez-nous à contact@manaora.org !
Māuruuru roa de nous lire, et à très vite pour la suite de l’aventure.

